Orchestre Elektra

Envols

Trois questions à Sarah Nemtanu

Comment as-tu choisi le programme de cette session ?

C’est une symphonie qui m’est très chère parce que je l’ai énormément jouée avec l’Orchestre National de France et notamment avec Kurt Masur, en tournée, et le sujet de cette symphonie - la nostalgie que Dvořák avait de son pays depuis les États-Unis, le voyage, est très inspirant pour la musique. Le morceau que je joue en soliste de Vaughan Williams, un compositeur anglo- saxon, va bien musicalement avec la symphonie. C'est une pièce qui rappelle l'idée de l’envol et elle est tout aussi inspirante, assez courte et légère.

Qu'est-ce que t'apporte la pratique du jouer-diriger ?

La première fois que j’ai joué-dirigé c’était avec Elektra : j'avais déjà joué-dirigé mais des touts petits ensembles, à cordes ; un si grand orchestre c’était la première fois. C’est donc la deuxième fois qu’on s’attaque tous ensemble à un programme symphonique. Ce que j’aime dans cette idée ce n'est pas seulement me sentir cheffe d’orchestre, parce que je me rends compte à quel point c’est un métier difficile, à quel point il faut être synthétique et avoir des priorités lors des répétitions et ça fait vraiment réfléchir d’une autre manière. Je trouve que c’est aussi un très beau défi pour l’orchestre et on a eu envie de le faire tous ensemble parce que ça c’était très bien passé la première fois et qu’évidemment quand ça se passe bien, on a envie de recommencer, tout simplement !

Comment est-ce que tu abordes cette deuxième session avec l'orchestre Elektra ?

J'ai tout de suite remarqué que l’orchestre, en un an et pas mal de concerts entre temps, a progressé. Pas progressé d’une manière scolaire mais dans le sens où l’orchestre va très vite : on dit une chose, elle est tout de suite appliquée et sincèrement je trouve qu'il y a une cohésion et plus d’unité, notamment au niveau du son des cordes. Surtout, on sent que c’est un orchestre entraîné, c’est un orchestre qui est habitué aux concerts, aux défis et c’est très agréable, parce qu’on a la réactivité d’un orchestre professionnel. Et ça c’est assez intimidant !